J’aimerais revenir sur la question de savoir si la Grèce doit recevoir de l’aide du FMI ou de l’UE. Il semble pour l’instant que l’UE a pris les choses en charge. Quelques postes de Edward Hugh (ici et la) qui préconise pour Grèce d’aller voir le FMI m’ont fait penser un peu plus a la question.

Le gouvernement Grecque ne souhaite pas aller au FMI. Le FMI a une réputation de dureté dans le mesure ou de puissants alliés au sein du comité des directeurs ne vous aide pas a vous en sortir avec un meilleur deal. Il est peu probable que la Grèce ait beaucoup d’amis prêt a se mouiller pour elle. Si la Grèce avait une devise propre, une dévaluation se serait déjà produite depuis un moment. Une dévaluation domestique est donc nécessaire. Le seul levier sérieux du gouvernement: baisser les salaires de la fonction publique. Des manifestations vont se produire elle seront peut-être violentes. Le FMI a l’habitude de ce genre de réactions a ses interventions. Le FMI a le rôle du méchant flic, l’organisation en est consciente: elle est la pour faire le sale boulot.

Traiter avec l’UE sera en revanche diffèrent. L’UE est plus attentive a sa popularité, et les politiciens nationaux ont plus de levier sur les institutions que sur le FMI. Le gouvernement Grecque peut donc espérer des gestes d’apaisement de la part de l’UE si les choses tournent trop au vinaigre, permettant au gouvernement en place de ne pas oblitérer complètement son avenir politique.

Le rôle de l’Union Européenne dans cet affaire est assez bien expliqué par les théories dues choix publics. L’organisation veut grossir et augmenter ses prérogatives. Les institutions européennes on peu de pouvoir au niveau économique (taxes et transfères.) Il est naturel pour des fonctionnaires et des politiciens européens de désirer étendre le champs de leurs prérogatives. Cette crise des dettes souveraines est un occasion rêvée, après que les plans de relance et de renflouage des banques aient été conçus de manière presque exclusivement national laissant aux institutions européennes le rôle de spectateur dans la crise.

Pendant ce temps la, l’Allemagne et la France entre autres ne sont pas trop mécontents que l’euro perde face au Dollar. Pourquoi pas faire durer le plaisir? Encore une fois une prise en charge du dossier par les institutions européennes permettrais a ces pays d’imposer leur agenda. Il est presque plus intéressant de voir ce que cette crise va faire aux institutions européennes que a la Grèce (sauf pour les grecques, cela va de soit).

Je ne crois pas a un scénario menant a l’éclatement de la zone euro. Même si tout s’envenime et que la situation échappe a tout contrôle, il est probable que tout le monde préfère sacrifier la Grèce que la zone euro. La Grèce pourrait ainsi obtenir sa dévaluation, et le reste de la zone euro continuer a vivre sans un pays qui n’aurais pas du y entrer en premier lieu.

Publicités