Quand est-ce qu’un gouvernement a intérêt à couper tous les moyens de communication à dispositions de ses citoyens?

Décider d’aller manifester est risqué. Si les manifestants ne sont pas en nombre suffisant, le pouvoir a les moyens d’ignorer les manifestations (au mieux) ou d’engager la répression. Si la manifestation atteins une masse critique, elle obtient ce qu’elle veut (renverser le gouvernement) et les manifestants sont gagnants.

Un citoyen mécontent vas essayer de jauger les chances de succès des manifestations, et s’y joindra si il juge les chances de succès suffisamment élevées. Dans une dictature ou il n’y a pas de mouvement d’opposition structuré capable de contribuer à résoudre le problème d’action collective, le citoyen doit jauger de l’opportunité de faire entendre son mécontentement en utilisant uniquement de l’information publiquement disponible.

Le développement d’internet et de la téléphonie mobile, et la convergence des deux, a rendu la transmission d’information en temps réel a une large audience accessible a n’importe quel individu. Les moyens d’agrégation d’information, les réseaux sociaux rendent possible d’obtenir un aperçu de l’information envoyé en temps réel par une masse énorme d’individus, et par conséquent de jauger rapidement de l’intensité d’un mécontentement social, et de la détermination des autres mécontents.

Les effets de cette révolution de la communication sur le problème de l’action collective est à double tranchant. Si un citoyen mécontent peu se rend compte que son désire de risquer la répression pour protester n’est pas suffisamment partagé, il ne vas pas s’y risquer. Dans ce cas les moyens de communications modernes marchent dans le sens du gouvernement, elles permettent à tout un chacun de se rendre compte que le pouvoir est fermement installé, et dissuade les mécontents de se risquer à le déstabiliser. Le gouvernement n’as donc aucun intérêt a censurer ce bruit de fond de mécontentement, il travail en sa faveur.

Dans le cas contraire, quand l’intensité du mécontentement qui s’exprime est tel qu’il devient clair que le problème de l’action collective vas être résolu, internet accélère la prise de conscience de cette état de fait par les citoyens et facilite grandement l’organisation de manifestations spontanées. Le gouvernement a donc intérêt à couper les communications. Mais les citoyens constatant que le gouvernement coupe les communications ne peuvent qu’en conclure que l’intensité du mécontentement exprimé est tel qu’il devient dangereux pour le gouvernement. Le signal que le pouvoir essaye de cacher est maintenant donné par le pouvoir lui-même. La coordination est rendu plus difficile par la coupure des communications, mais les gains attendu de cette coordination est plus important.

Le gouvernement Égyptien est probablement conscient de ça, et la décision de couper les communications n’as pas du être prise a la légère, elle est un signe que la tête du pouvoir est extrêmement nerveuse. Espérons que la révolution égyptienne arrivera a ses fins sans engendrer un bain de sang.

La révolution informatique change radicalement notre monde sur tout les tableaux. Les récentes révolutions « grass root » en sont une conséquence. Maintenant que l’information est facilement disponible, sont absence est elle même fortement convoyeuse d’information. Les tentatives des pouvoirs à travers le monde (démocraties comme dictatures) de freiner la propagation d’information gênante (voir l’unanimité à condamner Wikileaks) est la preuve que les gouvernants ont conscience de l’importance de cette révolution, mais beaucoup n’en n’ont pas tiré les conséquences et vont continuer à mener des combats d’arrière garde.

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